@natachalechat —
La machine à café a des oreilles. Elle entend tout et ne garde rien. « Tu as fait quoi ce week-end ? » La question est anodine. Vous répondez : la maison de vos parents, la nouvelle voiture, le métier de votre conjoint, les enfants à récupérer à 17 h. Votre collègue relance, encore et encore. Quand vous lui retournez la question, il répond : « Rien, je suis resté chez moi. » En quinze minutes, debout, un gobelet à la main, vous avez livré votre situation familiale, votre stabilité financière et votre équilibre émotionnel. Lui n'a rien donné. C'est ce que j'appelle le syndrome de la machine à café. Ces informations sont des données personnelles au sens du RGPD. Une fois sorties, elles ne vous appartiennent plus : – elles sont répétées dix fois, puis dix fois encore, et déformées à chaque passage ; – elles sont interprétées : parler de vos achats laisse penser que vous n'avez pas besoin d'augmentation, parler de vos contraintes familiales que vous n'êtes pas disponible pour le poste que vous visez ; – elles sont exploitables : un attaquant qui prépare un hameçonnage ciblé cherche précisément ces détails (MITRE ATT&CK, T1589). Le dirigeant est exposé de la même façon. Au déjeuner d'affaires ou en club d'entrepreneurs, il parle de ses clients, de ses projets, de ses difficultés. Trois réflexes : Répondez sans détailler. Le rythme « ping-pong » de l'échange empêche de réfléchir : ralentissez. Gardez vos projets pour vous, personnels comme professionnels, tant qu'ils ne sont pas aboutis. Vérifiez la visibilité de vos profils sociaux : après la pause, c'est là que l'on va compléter ce que vous avez dit. Je n'ai rien à cacher, mais vous n'avez pas à tout savoir sur moi. Repensez à votre dernière pause-café : qu'avez-vous laissé derrière vous ? L'épisode complet de mon podcast « NLc By Nathalie » : https://open.spotify.com/show/79wPizlF69A1kzoMje1b9M Références : article 4(1) du RGPD (définition de la donnée personnelle) ; article 9 du Code civil (droit au respect de la vie privée) ; MITRE ATT&CK, T1589 « Gather Victim Identity Information ». N. Lemarchand, DPO, présidente de NLc
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