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Pourquoi les small caps corrigent depuis plusieurs semaines ?

Trader Fantome
il y a 4 j · 4 min de lecture

Le Russell 2000 a reculé cinq semaines de suite jusqu'au 9 octobre (-5,7 %), sa plus longue série baissière depuis mai 2022. Il clôturait vendredi à 2 806,98 points, environ 8,6 % sous son sommet de mi-août (3 069,71 en séance). Il reste pourtant en hausse de 13 % depuis janvier : c'est un retournement de dynamique, pas un effacement des gains de l'année.

Une correction qui date de la mi-août ....

Début juillet, les small caps battaient encore le S&P 500 avec la plus large marge depuis 2003. Le décrochage commence à partir du sommet de mi-août et s'accélère en septembre : -5,3 %, le pire mois depuis mars 2025. Dix des onze secteurs small caps ont fini le mois en baisse de 4,5 % à 9,5 % (seule la tech a résisté, +1 %). Le ratio Russell 2000 / Nasdaq 100 est à un plus bas historique, et l'ETF IWM a subi 3,3 Md$ de sorties en une semaine, son deuxième plus gros retrait de 2026.

Le coupable : la remontée des taux

Taux longs : le 10 ans américain a pris 54 points de base en septembre, à 5,29 %, sa plus forte hausse mensuelle en quatre ans. Il a touché 5,35 % en séance le 7 octobre, plus haut depuis 2002, et finissait vendredi autour de 5,25 %.

Fed : elle a relevé ses taux à 3,75-4,00 % le 16 septembre, première hausse en trois ans. Les marchés donnaient encore 20 à 25 % de chances d'une nouvelle hausse en octobre (au 8 octobre).

Pétrole : le Brent évolue autour de 103-105 $ après les frappes houthies de ces derniers jours, ce qui alimente l'inflation (CPI de septembre attendu à 3,6 % contre 3,4 %).

Les small caps encaissent plus que les autres. Leur corrélation avec le 10 ans a atteint un plus haut sur un an (au-dessus de 0,97), leur sensibilité à ce taux est environ deux fois celle des large caps (Schwab), une part croissante de leur dette arrive à échéance d'ici cinq ans, beaucoup empruntent à taux variable, et environ 40 % des sociétés de l'indice ne sont pas rentables. Pendant ce temps, le Nasdaq enchaînait les records fin septembre : les capitaux sont allés vers les mégacaps.

« Valorisations intéressantes » : à nuancer

Au 25 septembre, le Russell 2000 se payait 23,2x les bénéfices attendus contre 19,3x pour le S&P 500 (FactSet) : une prime d'environ 20 %, pas une décote. L'indice est gonflé par des sociétés peu ou pas rentables. L'argument de la cherté relative tient plutôt face à l'historique : selon BofA, les valorisations des small caps sont sous leurs moyennes des périodes où les taux étaient entre 5 % et 7 %. C'est donc un terrain de sélection (bilans sains, entreprises rentables), pas un achat d'indice les yeux fermés.

Les fondamentaux, eux, tiennent

L'ISM manufacturier est à 54,5 en septembre (neuvième mois d'expansion consécutif) et le PIB du T2 a été révisé à +2,2 % annualisé. Pour Kevin Gordon (Schwab), les fondamentaux sont intacts, avec des PMI en amélioration et des estimations de bénéfices solides. Le choc est un choc de coût du capital, pas de récession.

Quand est-ce que ça s'arrête ?

Personne ne peut dater le plancher, mais les conditions d'un retournement sont lisibles :

Un pic des taux longs : les 5,35 % du 7 octobre sont le niveau à surveiller. Le CPI de septembre tombe demain (14 octobre).

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