Je construis l'architecture complète de la creator economy : Prosper Social, Prosper Space et Payrello

Tom Lemarchand
il y a 5 h · 8 min de lecture ·
Je construis l'architecture complète de la creator economy : Prosper Social, Prosper Space et Payrello

Le chemin est dur, il y a beaucoup de bâtons dans les roues. Mais tout avance très vite. Voici ce que je construis, pourquoi, et comment les trois briques s'assemblent.

Le constat de départ : un créateur doit tout assembler lui-même

Quand on regarde la creator economy de près, on voit un marché énorme et une réalité très dure pour ceux qui l'alimentent.

Le marché mondial est estimé à plus de 250 milliards de dollars en 2026, avec plus de 200 millions de personnes se déclarant créateurs de contenu. En France, le secteur pèse environ 7 milliards d'euros de revenus, avec près de 350 000 créateurs qui monétisent leur activité. Et ce ne sont pas les stars qui portent ce marché : les micro-créateurs, entre 1 000 et 100 000 abonnés, génèrent à eux seuls 55,5 % des revenus du secteur en France.

Pourtant, moins de 5 % des créateurs déclarés gagnent plus de 2 000 € net par mois. La majorité cumule avec un autre emploi, et il faut en moyenne 18 à 36 mois de travail régulier pour atteindre un revenu significatif.

Pourquoi un tel écart entre le volume du marché et ce que vit le créateur moyen ? Parce que l'infrastructure n'existe pas. Un créateur qui veut bâtir une activité durable doit aujourd'hui :

  1. se faire découvrir sur un réseau dont l'algorithme favorise ceux qui ont déjà une audience ;

  2. posséder sa relation avec son public, c'est-à-dire avoir un espace à lui, pas seulement un compte sur la plateforme d'un autre ;

  3. se faire payer, avec des outils de paiement qui n'ont pas été pensés pour lui.

Trois problèmes, trois couches. Aujourd'hui, chacune est servie par un acteur différent, avec ses commissions, ses comptes et son audience à reconstruire à chaque fois. Les chiffres le confirment : les créateurs diversifiés sur quatre sources de revenus ou plus gagnent cinq fois plus que ceux qui dépendent d'une seule, et 32 % citent la volatilité des algorithmes comme leur principal risque stratégique.

Ma conviction : la prochaine génération d'outils ne sera pas une brique de plus dans l'empilement. Ce sera une architecture complète, pensée dès le départ pour que ces trois couches fonctionnent ensemble.

La première couche : être vu. Prosper Social

Prosper Social est le réseau social. C'est la porte d'entrée : le lieu où un créateur est découvert, où une communauté se forme, où une réputation se construit.

Ce qu'il réunit au même endroit : un fil social, des articles, des podcasts, des communautés, de la messagerie, des outils d'analyse d'audience et des fonctionnalités d'IA, dans une logique freemium et sans modèle publicitaire intrusif.

Ce qui me tient le plus à cœur, c'est le problème de la découverte. Sur les réseaux existants, un petit créateur produit parfois un contenu de qualité sans jamais être vu, parce que la visibilité va d'abord à ceux qui ont déjà une audience. Je veux l'inverse : qu'un contenu puisse être rencontré pour la qualité de ses idées, pas pour la taille du compte qui le publie.

Récemment, nous avons lancé les Communautés : des espaces avec des groupes et des canaux, des rôles (propriétaire, modérateurs, animateurs, membres), un système de badges de réputation et des règles d'admission. Les communautés sont, à mes yeux, le vrai moteur de la prochaine décennie. Marques, entreprises, associations, créateurs individuels : tous vont devoir construire et animer la leur, et ceux qui possèdent leur communauté possèdent leur avenir.

La deuxième couche : posséder son espace. Prosper Space

Être vu, c'est nécessaire mais pas suffisant. Un créateur qui construit toute son activité sur un seul réseau reste à la merci de son algorithme, de ses règles et de son bon vouloir.

Prosper Space répond à cette fragilité : donner à chacun un espace qui lui appartient, point d'ancrage de sa présence et de sa relation avec son public, au-delà du flux d'un réseau social. C'est la logique que le marché lui-même est en train d'imposer : les créateurs cherchent à déplacer leurs meilleurs contacts vers des espaces qu'ils contrôlent, newsletters, communautés privées, sites, produits d'abonnement, parce que la dépendance aux plateformes reste le plus gros risque structurel.

L'idée est simple : le réseau sert à être découvert, l'espace sert à rester. Et les deux doivent être connectés, pour qu'un créateur n'ait pas à reconstruire son audience chaque fois qu'il change d'outil.

La troisième couche : se faire payer. Payrello

Dernière brique, et sans doute la plus structurante : le paiement.

Cette idée ne vient pas d'un exercice théorique. Elle vient de conversations avec des podcasteurs, des YouTubeurs, des créateurs qui monétisent leur travail, mais aussi avec des fondateurs de SAS, des porteurs d'offres B2B et de marketplaces. Le même constat revenait sans cesse : les processeurs de paiement actuels, Stripe en tête, ne sont pas adaptés aux besoins réels des créateurs et des petites structures. Je l'ai vécu moi-même.

Payrello est ma réponse : une plateforme de paiement pensée pour la creator economy et les petites entreprises. Monétiser un article à l'unité, un épisode de podcast, un abonnement, une communauté payante, un pourboire, une offre professionnelle : ce sont des usages qui doivent être simples à brancher, pas des chantiers d'intégration réservés à des équipes techniques.

Le paiement est aussi ce qui rend la diversification possible. Le nombre moyen de sources de revenus par créateur est passé de 2,8 en 2023 à 4,2 aujourd'hui, et c'est la diversification qui fait la différence entre vivre de son activité et la subventionner. Mais on ne diversifie pas ses revenus si chaque nouvelle source demande un nouvel outil, un nouveau compte et une nouvelle charge administrative.

Je ne vais pas prétendre que c'est simple. Le paiement est un domaine réglementé, complexe, exigeant. C'est précisément pour cela que si peu d'acteurs s'y attaquent côté créateurs, et c'est aussi pour cela que j'ai choisi de le construire plutôt que de continuer à subir des outils qui ne sont pas faits pour eux.

Pourquoi trois briques plutôt qu'une

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